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Les bestiaires ne sont pas des traités scientifiques. Si l’homme et la femme du Moyen-âge savent très bien observer la faune, ils font une différence entre le réel et la vérité. Le réel se situe sur un plan physique, abordable par les sens et utile au quotidien. La vérité, elle, est métaphysique. De la même manière que la Terre, au centre de l’Univers, n’existe que pour l’homme, tous les êtres vivants qui la peuplent ne sont là que pour le servir. Il s’agit donc de découvrir de quelle manière chaque animal va donner une leçon qui mènera le peuple chrétien sur la voie du salut. Ainsi un bestiaire est un ouvrage en prose ou en vers, utilisant la description d’un choix d’animaux réels ou légendaires, interprétée d’une façon symbolique, en vue d’un enseignement moral et religieux. Les bestiaires dérivent tous plus ou moins du « Physiologos », compilation alexandrine du IIème siècle. Traduit d’abord en diverses langues orientales, il a fait, du Vème au IXème siècle l’objet de nombreuses traductions latines. A partir du XIIème siècle apparaissent différentes versions en langue vulgaire qui ont contribué à la fortune du genre. Ces bestiaires s’enrichissent de nouveaux apports et s’inspirent non seulement de la tradition antique (Aristote, Pline, Solin) et de la Bible, mais aussi des Etymologiae d’Isidore de Séville. De plus, de nouveaux animaux font leur apparition et griffon, licorne et serre rejoignent brebis, lions et éléphants. Parmi les plus célèbres de ces bestiaires, on peut citer :
Dans le bestiaire de frère Daimhlaic, j’ai mis en scène un équipier de saint Brendan, marin, moine et un peu enlumineur qui répertoriera les animaux que les voyageurs rencontrèrent durant leur périple. Cette histoire m’a souvent fait sourire et pourtant je n’oublie pas que nos descendants s’amuseront certainement de la même manière de notre propre conception du monde… Dominique Tixhon |